Cameroun-Guerre au MRC: Celestin Djamen mis à nu, sa tactique dévoilée [JEUNE AFRIQUE]

0
261

16 octobre 2020 à 17h01 | Par Franck Foute
Au sein du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Célestin Djamen apparaît de plus en plus comme un dissident.
Personnage atypique et ambitieux, Célestin Djamen affirme sa liberté de ton sans craindre d’aller à l’encontre de la ligne officielle du MRC. À tel point qu’aujourd’hui c’est au sein de son propre parti que ses détracteurs sont les plus nombreux. Portrait.

Au Cameroun comme ailleurs, les cérémonies officielles sont souvent l’occasion de remobiliser les militants. Ce 13 octobre, le lancement de nouveaux équipements nautiques acquis par le Port Autonome de Douala n’a pas échappé à la tradition. Face à une audience de ministres, de députés, de membres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) et même de chefs traditionnels réunis notamment sur le quai de Bonanjo, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a longuement insisté sur l’engagement politique du chef de l’État.

Un invité s’est encore démarqué ce jour-là: Célestin Djamen, média et cadre controversé du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition).

L’affront trop

Le parti n’a visiblement guère goûté à la présence en ces lieux de son secrétaire national aux droits de l’homme et à la gouvernance, d’autant plus que les relations entre le gouvernement et le MRC sont devenues tendues ces dernières semaines: son chef, Maurice Kamto, a été – en fait – sous assignation à résidence depuis le 20 septembre. Aucune accusation n’a été officiellement portée contre lui, mais son domicile à Yaoundé et, depuis cette date, encerclé par la police.

Par ailleurs, le 22 septembre, près de 500 de ses militants ont été arrêtés après avoir manifesté pour exiger le départ de Paul Biya. À ce jour, plus des trois quarts d’entre eux sont toujours en détention.

Célestin Djamen n’a pas participé aux manifestations. Il les a même dénoncés publiquement, au risque d’aller à l’encontre de la ligne officielle du MRC. Et à ceux qui l’accusent d’avoir «trahi» en faisant une apparition sur le quai de Bonanjo, il oppose «sa liberté de choix et de ton» – une indépendance dont il se dit prêt à «payer le prix». ce sera nécessaire ».

Premiers pas en politique

Né à Douala le 16 janvier 1967 de parents de Bagangté, dans l’ouest de Bamileke, Célestin Djamen a échappé de peu à une carrière de prêtre. En 1977, lorsque son père, fervent catholique, envisage de l’envoyer au séminaire Saint-Paul-de-Nylon, l’adolescent s’y oppose et choisit de suivre un cursus académique ordinaire au collège Saint-Michel de Douala.

Cette décision le suivra des années plus tard. Au lycée Joss de Douala, où il poursuit ses études, Célestin Djamen rencontre Lotin Samè et Emmanuel Simh. Des années plus tard, ce sont eux qui, devenus des figures du Front social-démocrate (SDF) et du MRC, l’ont présenté à leurs groupes respectifs.

C’est en France, où il est arrivé en 1985, que Célestin Djamen a fait ses premiers pas en politique. À la faculté de droit (Paris-II Panthéon-Assas) où il était inscrit, il s’associa contre le Front national français, ce qui le conduisit au Parti socialiste (PS). En 2007, il fait campagne pour Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy et obtient sa carte de membre PS.

Célestin Djamen refuse cependant la naturalisation française en prévision de son retour au bercail. Il se rapproche de la diaspora camerounaise et s’implique dans la section française du SDF. Il est également devenu un acteur de la société civile et a lancé plusieurs associations, dont le Conseil des Camerounais de la Diaspora (CCD) qui a déposé une plainte début 2010 pour «recel de détournement de fonds publics» contre le président Biya, soupçonné d’être indûment constitué de actifs immobiliers en France.

Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

Laisser un commentaire

Votre point de vue compte, donnez votre avis

[maxbutton id= »1″]




LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here